jeudi 22 mars 2012

A notre nouvel ami de Mongolie

J'ai fait connaissance en novembre 2011 lors de sa venue en France de notre ami ambulancier du 103. Tout de suite sa simplicité, sa gentillesse et sa grande complicité nous ont rapprochés.
A Thonon il voulait tout découvrir .


Le week end à Paris, improvisé au dernier moment, fut un grand moment de bonheur  : découvrir la Tour Eiffel et les Champs Elysées et beaucoup d'autres choses .....



Il rêva un peu devant la nouvelle Citroën, ...... 


Lors de ce voyage, il nous pilote dans Ulaan Baator avec une très grande dextérité, normal pour un chauffeur d'ambulance du 103. C'est avec beaucoup de plaisir que nous acceptons son invitation à diner dans sa famille le soir du 08 mars,  jour de la fête des Femmes.
Une soirée simple avec une famille mongole ordinaire. Nous sommes immergés dans la vraie vie de ce pays, chez des amis tout simplement.


Sa femme a cuisiné une partie de la journée, préparant de multiples plats avec beaucoup de goût.    Nous passons dans cette famille mongole une super soirée simple et "sans maquillage".


De nombreuses discussions sur les sujets du moment remplissent la soirée. Il nous présente l'album photo de la famille. Il nous parle de ses enfants qui font des études en Corée. On lui parle de nos préoccupations françaises. 







mardi 20 mars 2012

Retour à U B 08.03.12


Monsieur TSERENJAV gouverneur de la région de Khuvsgul, nous reçoit avant notre départ pour Ulaan Baator. Nous le remercions de nous avoir donné la possibilité de faire tout cela. Il nous parle des bons souvenirs qu'il a, ainsi que son équipe de leur passage en Haute Savoie.  Le Mont Blanc, le lac Léman et le Chablais sont des exemples pour mettre en valeur sa région. Beaucoup de projets dans le domaine de l'environnement, de la protection de la nature et le développement d'un tourisme respectueux sont en discussion depuis l'automne 2011. Pour la sécurité civile et la santé plusieurs pistes d'aide existent aussi. 


La médaille du héros de la  région nous est remise, en nous demandant la date de notre prochain voyage  en Mongolie. Nous devons transmettre à Monsieur Jean Yves Morracchini son amical souvenir et lui dire qu'il serait le bienvenu à Khuvsgul. 
                
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Dans ce pays de grands hommes, Louis se trouve bien petit, et regrette de quitter cette contrée encore sauvage où nous avons d'inoubliables souvenirs et amis. Nous avons été en phase avec ces beaux paysages, ce ciel bleu de Mongolie et ce froid mordant qui nous rappelle la rigueur du climat.


Le retour se fait sans problème jusqu'à la capitale où nous allons continuer notre voyage. J'ai oublié de vous dire que le 08.03.12 est la Journée de la Femme. Cela va nous apporter d'autres surprises.




Murun : l'école primaire

Les enfants de l'école primaire de Murun nous attendent, impatients de nous voir. 
Nous allons un peu perturber la leçon de mongole du jour. Toute la classe nous fait une véritable représentation en accompagnant le couple de jeunes chanteurs. 




Afin de conserver une certaine égalité parmi les enfants, les jouets sont mis dans un sac pour être tirés au sort. Erkegul passe dans les rangs et petit à petit des rires discrets apparaissent. L' uniforme  qui met chaque enfant au même niveau donne une bonne idée de l'état d'esprit de cette école publique de Mongolie. 



Delphine explique le long voyage qu'ont fait les jouets offerts par les enfants de Thonon avant de se trouver à Murun. Des dessins faits par certains sont donnés. Ils sont examinés avec beaucoup de curiosité.



Les questions sont multiples. Un grand désir de connaître l'autre se manifeste. L'institutrice aura beaucoup d'explications à donner après notre départ.


Le soir, l'institutrice nous apportera à l'hotel une pile de dessins des enfants de  la classe. Cela prouve que notre passage a provoqué beaucoup de curiosité et un grand désir d'échange avec les petits français.





Il nous faut construire cette relation qui sera facilitée par la présence d'internet dans cette école. J'espère que nous pourrons vous donner des nouvelles de cela au travers de ce blog. 

Je tiens à remercier Mlle Undrakh responsable des relations internationales de la région de Khuvsgul, qui nous a permis de réaliser cet intense moment de spontanéité et de bonheur comme on en trouve Mongolie. 





lundi 19 mars 2012

Murun le 07.03.12


C'est la journée des rendez vous. Tous nos amis mongols responsables de service, venus en France en septembre veulent nous accueillir. Nous commençons par le responsable de la Santé : Monsieur DAMDINSUREN. Il nous présente sa région avec l'organisation médicale qu'il dirige.  Nous parlons de notre séjour à Tsagaannur et des différentes propositions d'amélioration que nous jugeons intéressantes pour ces populations isolées.  Des idées intéressantes d'aide nous sont demandées dans des domaines médicaux précis. Nous allons réfléchir à leurs propositions, car nous ne pouvons pas monter un nouveau projet tous les jours, surtout en cette période de crise et d'élection dans notre pays où l'humanitaire n'a plus vraiment le vent en poupe. 



Une ballade sur les collines sud nous permet d'admirer la grande plaine où s'étale l'agglomération de Murun. Nous trinquons pour l'avenir une fois de plus.


La rivière dont les eaux viennent du Lac Khuvsgul, rejoindra
le fleuve Sélengue avant de se jeter dans le Lac Baïgal en Russie.
A midi, notre ami le Colonel DAVAASUREN et ses hommes de  la sécurité civile nous attendent. Nous parlons du Mont Blanc qui les a impressionnés vu de l'aiguille du Midi, puis des différents problèmes qu'ils rencontrent dans le domaine de la sécurité civile pour les recherches et secours aquatiques. Une semaine avant notre passage une secousse sismique  a eu lieu en république Tuva en Russie et a été bien ressentie à Murun. Cela est encore le sujet de discussion. 



Nous avons une demande précise pour concrétiser notre collaboration. Des domaines précis sont retenus et sont réalisables. A nous de relever le défit .







dimanche 18 mars 2012

Retour à Murun 06.03.12


Nous partons avant le lever du soleil, le froid est mordant. Les vitres sont givrées.
Il nous faut quitter ce sympathique village pour retrouver la ville. Nous avons devant nous une bonne journée de piste. Maintenant cela ne nous fait plus rien et même nous commençons à aimer les douces secousses de la jeep Uwas.


Nous faisons une escale à Ulaan Ulu pour faire quelques consultations. Nous retrouvons des malades qui présentent des gastrites récidivantes déjà bilantées et traitées. Le problème d'un hélico bacter non éradiqué  donnerait cette symptomatologie dans un contexte d'addiction d'alcool et tabac non stabilisée, avec un risque de carcinogènèse à moyen terme.

Nous reprenons la piste en direction de Murun, en croisant peu de monde.


De longues heures de solitude pour repasser la chaîne de montagnes avant de redescendre les hauts plateaux.  




Heureux qui comme Louis, revient du Pays des Tsatanes, toujours étonné d'avoir fait ce troisième voyage en Mongolie, en ayant largement dépassé l'espérance de vie des gens du peuple des bois. 

Retour à Tsagaannur


Nous laissons les tsatanes pour revenir au village, en traversant ces magnifiques paysages où tout est encore gelé.



De retour à l'hôpital nous faisons une formation en médecine d'Urgences. C'est le thème le plus demandé. Quel type de situation d'urgence et comment y faire face sont les questions dominantes. 
Tout le personnel de santé est là pour prendre des notes. Un abord du secourisme en version médicalisée est faite. Interactions des trois fonctions vitales et explications des principales détresses ont  retenu l'attention de l'auditoire. Puis j'aborde un sujet qui me parait plus anecdotique qu'important : le foudroiement. Ce matin j'ai repéré  des portions de taïga ravagées par d'anciens feux de forêt dont l'origine devait être la foudre. Quelle est ma surprise quant la médecin nous raconte l'histoire d'une nomade qui a été foudroyée. La blessée, tout d'abord a été semi enterrée pendant plus de 24 heures, puis emmenée dans une yourte avec de gros troubles neurologiques qui progressivement ont disparu les jours suivants. La description de l'examen clinique de la médecin rentre parfaitement dans le cadre de mon exposé. Les esprits de la forêt,  du feu, ..., avaient fait le reste.  


J'espère avoir apporté quelques idées neuves ou confirmé certaines connaissances pour l'équipe médicale de ce très sympathique petit hôpital du bout du monde. Encore merci à son médecin généraliste au dynamisme farouche, qui dans un isolement constant, prend en charge tous les problèmes de sa région. 


Puis nous sommes partis à l'internat de l'école au moment du repas pour voir les enfants. Un établissement propre, bien géré avec 160 enfants  dont les familles habitent jusqu'à plus de 80 km. Un bol de soupe compose le repas du soir. Une disciple impressionnante et une atmosphère sympathique  règnent dans ce réfectoire.


Nous remettons des jouets offerts par des enfants de France à la directrice. Ces derniers seront mis à disposition de la collectivité des éléves.


Apres le repas à l'hôpital, nous allons remettre de l'ordre dans nos notes et photographies.


Cette journée d'une exceptionnelle intensité restera dans notre mémoire. Nous sommes conquis par l'humanisme de ces gens, que se soient les membres du service de santé ou la population Tsatane. 
Nous avons découvert des conditions de vie particulières, un mode médical bien différent du notre, mais avec une efficacité certaine et un bon sens bien intégré dans à leur mode de vie. On peut remettre en question notre façon de faire et de voir, car avec tous nos moyens techniques, nous avons encore beaucoup à faire pour compenser cette perte de solidarité et d'entraide qui existent ici. Mais espérons que la mondialisation ne nivellera pas tout. 
  

Le pays des Tsatanes le 05/03/12



C'est une belle journée pour se rendre dans l'un des camps Tsatanes.  Eleveurs de rennes et aussi habitants de la foret, les Tsatanes font partie du peuple Touva, peuple turcophone  se partageant  entre la Mongolie et la Russie. Il reste 120 personnes de cette ethnie à ce jour qui sont de vrais nomades. Cette minorité ethnique a été reconnue au patrimoine de la Mongolie en 2007. 
Notre équipe est impatiente de partir au nord du nord de la Mongolie pour rencontrer ces gens. 


Nous suivons la jeep de la médecin de Tsagaannur qui nous ouvre la piste. Nous traversons rapidement le lac blanc en direction de  la forêt. 


A 25 km nous entrons dans la forêt de mélèzes appellée taïga. Nous avançons entre les arbres puis on découvre un camp d'hiver composé de tipis. Une soixantaines de personnes vivent là.


Nous entrons dans une tente, reçus par le responsable de cette communauté tsatane. Des paroles de bienvenue, quelques explications pour nous présenter. La médecin et la responsable du service sociale sont bien appréciées. La visite des différentes familles commence. Un accueil toujours très cordial avec une certaine timidité, mais rapidement la discussion s'établit sur les problèmes de la famille, de la santé, et  des conditions de vie. 


Nous trouvons des personnes d'un certain âge, une mère et sa fille. Les adultes sont partis dans les montagnes, car le manque de neige les oblige à conduire les rennes dans un autre endroit.



Enfant de 9 mois avec sa mère âgée de 25 ans. Une fille robuste, très éveillée qui découvre ce groupe d'étrangers venus de si loin.
      
Artisanat tsatane. 

Cette vie rustique ancestrale aujourd'hui paraît être un anachronisme. Les contacts avec le monde moderne sont rares.  De bonnes connaissances et prises en charge de ces citoyens des bois par l'administration mongole, et une bonne acceptabilité du médecin local avec respect sont des éléments importants.  Quel avenir pour cette population éleveurs de rennes ?  Le concept de vie "bio" dans la nature qui fait rêver nos concitoyens paraît être le rêve de gens riches qui possèdent tout le modernisme et la sécurité au quotidien.



Les consultations médicales se font comme partout. Les personnes viennent avec leur carnet de soins pour discuter et contrôler leur santé. Nous retrouvons les mêmes pathologies : hypertension, maladies des reins, douleurs articulaires, .... Des médicaments sont vendus par la médecin. La médecine moderne côtoie une médecine traditionnelle avec de multiples recettes. Quand les médicaments manquent , le traitement de l'hypertension artérielle se fait en fumant l'écorce d'une certaine brindille ramassée dans la forêt... Cette démonstration nous a été faite par la doyenne, âgée de 77 ans et en pleine forme.


   
Nous ressentons que les rencontres sontt assez rares avec ces gens. On est vite adoptés et une amitié sincère est née. 


Il existe une complicité avec ce groupe des "habitants des bois". Il faut les protéger, les respecter et ne pas leur apporter les travers de nos vies modernes . Gardons cette naïveté. 


Cette année ,vu le manque de neige,  les skis ne sont pas utiles, mais cette pratique parait très ancienne dans cette région.