mercredi 8 juin 2011

Renchen Lhumbe à Hatgal longue journée

Départ à sept heures pour une arrivée à 19 heures: 250 km. De longs détours pour éviter les tourbières nous obligent à faire de longues heures de mini bus. La veille notre chauffeur avait préparé son véhicule. Aucun problème.
Les plus courageux lisaient ou méditaient, les autres dormaient sur fond de musiques mongoles ou des Beatles.



Nous faisons une boucle en passant à Ulaan Uul. Et nous retrouvons notre étape de l'aller, mais on prendt le restaurant opposé avec une ambiance tropicale certaine. Une nouvelle sieste s'impose pendant la préparation du repas.


La saison touristique n'a pas encore commencé. Et elle ne dure que quelques semaines.


Nous prenons une piste de montagne pour rejoindre notre dernier sum. Les difficultés commencent. Mais notre chauffeur connaît parfaitement son véhicule et les pièges de la montagne. Nous passons un col à 2300 mètres, loin de toutes yourtes, puis nous plongeons dans la vallée pour retrouver la piste du lac Khuvsgul.
Nous trouvons notre dernier hôpital, aux bord de ce grand lac encore gelé à 1650 métres d'altitude. Nous sommes dans le parc national du Lac Khuvsgul. Prix d'entrée 3000 Tukric ( 2,7 euros par personne). Mais nous sommes pas des touristes, nous sommes une Mission médicale on vient pour travailler. Passez ...


Le plus grand lac d'eau douce de Mongolie : 136 km / 36 km "la perle bleue de Mongolie".

Renchin Lhumbe le 05.06.2011 Consultaions

Nous logeons dans deux chambres de l'hôpital en face de la chambre des hospitalisés. Tout était prêt lors de notre arrivée. Mais pas de médecin. Une infirmière faisait tous les trois heures des injections intra musculaires à des enfants.


L'équation : fièvre ou diarrhées chez l'enfant = ampicilline +/- gentamycine était à la mode.
La durée moyenne d'hospitalisation était de 10 jours.

Pas d'eau,
Pas d'électricité à l'hôpital.
Pas de restaurant : merci les bocaux de poissons.
Personne à la consultation.


Dans ce village vide, Erkegul va nous trouver deux femmes pour nous préparer de la soupe, et le moral va remonter.

C'est le village des portes peintes. On en a fait le tour dans tous les sens. Impossible d'aller de yourte en yourte pour faire des consultations comme à Ulaan Uul. Les maisons de bois semblent vides, sans fumée à la cheminée.


Et pourtant on va trouver un véritable décor de film avec une école sympathique avec son jardin d'enfant, son petit temple bouddhiste.


Le décor de montagne était beau avec ses points culminants à 3200 mètres.


Une table au soleil nous permit de prendre de beaux coups de soleil. Et la biafine circula.
Devant le manque de consultation , il y a eu jeux de cartes et lecture.


Pluie en fin de journée avant un curieux clin d'oeil du soleil. Nous partagerons une bouteille de Vodka assez infame ......au repas. La seule de tout le voyage.


Ce mystérieux village restera insolite avec sûrement un riche passé et un avenir incertain.
Demain sera un autre jour.

Tsagaan Nuur à Renchin Lhumbe 04.06.2011

Avant de partir nous repassons par notre restaurant. Il y a une gastronomie dans cette région très sympathique. On nous donne deux bocaux de poissons, qui vont d'ailleurs nous rendre un grand service un peu plus tard.


Ici on se débrouille. Le courant électrique est là, pour le reste on bricole et cela marche.


Après un bain volontaire dans les eaux glacées d'un lac pour Marc et Eline qui va favoriser une bonne sieste sur la piste l'après midi, nous prenons la direction de troisième sum : Renchinlhumbe.



Pour éviter les tourbières causées par les fréquentes pluies nous devons passer la rivière sur le bac. Astucieux et simple, cette méthode nous montre le coté inventif de ces gens. Et sur le plan écologique, c'est le maxi, car tout se fait à la force des bras.


La solidarité est partout. On traverse une rivière et nous sommes tous des amis. Nous avons partagé quelque chose ensemble. La solitude peut devenir une certaine richesse quand on rencontre quelqu'un.


L'immersion est complète, bientôt on va voler.



On voyait ce village de très loin au fond de la plaine, mais il ne voulait pas grandir. Enfin nous arrivons et pourtant il y n'avait que 60 km . Ce nouveau sum possède 5000 habitants. Il se trouve bloqué contre la chaîne de montagnes qui se trouve à l' est du lac Khuvsgul. Il a été fondé en 1926. Il n' y a aucun passage, plus d'exploitations visibles. Un curieux village, avec son hôpital.


Tsagaan Nuur Consultation 03/06/20011

Notre équipe fonctionne à fond. Tous les rôles se distribuent spontanément. Quelques discussions pour partager et mieux comprendre les découvertes faites lors des consultations.
Les grandes lignes des pathologies sont bien ciblées maintenant, mais à tout moment nous trouvons de nouvelles choses. Nous faisons de la vraie médecine générale avec toute sa diversité et ses surprises. Nos étudiants deviendront de grands médecins, des spécialistes de médecine générale peut être . ...


Tout le village est au courant de notre arrivée et dans ce petit sum de 1700 habitants avec une population très particulière et unique nous allons découvrir le peuple des bois. Les staatanes sont très difficile à rencontrer à cette époque de l'année. Ils sont très loin du village dans les bois. Par chance quelques uns viennent en consultation. Ils ont une morphologie particulière: une petite taille souvent inférieure à 1,5 mètre, un visage cuivré et de forme triangulaire avec des pommettes saillantes et un large front. Ils ressemblent aux bushmen de Namibie. Heureusement ils parlaient mongol car leur idiome d'origine Tuva reste un mystère, même pour la médecin de l'hôpital.

Les pathologies ORL sont fréquentes même en été chez les enfants. Il y a beaucoup de jeunes et très jeunes enfants à la consultation. Et pourtant, Eline a modifié le questionnaire posé en faisant bien la différence entre nombre de grossesses et nombre d'enfants. Car il y a pratiquement deux fois moins d'enfants que de grossesses. Question sans réponse ....


Et oui, une cataracte blanche chez une Tsataane.
Vision nulle à droite et aucun espoir d'être soigné, malgré les trois ophtalmologues qui travaillent à Murun. Trop loin, pas d'argent, personne pour garder les chèvres ou les rennes si elle se rend à l'hôpital.



Nous touchons les vrais problèmes de la médecine des populations isolées. Il faut se débrouiller quoi qu'il arrive.
Les jours grandissent et entre deux pluies nous allons marcher au bord du lac blanc. Une atmosphère particulière se dégage et nous pousse à la réflexion.


Nous sommes dans un monde où les esprits des bois ( le chamanisme) et le bouddhisme s'imbriquent. Il est parfois difficile de rester complètement cartésien. On trouve des hypertension à 260 / 160, sans signes fonctionnels particuliers. C'est un peu l'erreur de Descartes ?
On dira que c'est le lait de renne ou le sel des Tsataanes.

Le ciel et le soleil nous feront un beau cadeau : un double arc en ciel où l'on trouvait toutes les couleurs.


Plus de 35 consultations ce jour. Encore une discussion passionnante avec la médecin généraliste: beaucoup d'hypertension majeure, peu de diabète, pas beaucoup de carence malgré le manque de fruit. Et oui, merci les baies de la foret en septembre et les confitures maison pour l'hiver. Beaucoup de choses nécessiteraient des études. L'état de santé n'est pas si mauvais qu'en apparence, malgré des conditions de vie très difficiles.
Demain nous monterons encore plus nord.

De Ulaan Uul à Tsagaan Nuur

Une discussion avec la médecin généraliste de l'hôpital allait nous montrer la réalité de la médecine dans cette vallée reculée. L'équipe découvre la réalité et la précarité de la vie dans ces montagnes. Cette région est surnommée "La Suisse de la Mongolie".
Notre équipe fonctionne très bien , très bonne solidarité, très bonne ambiance.






Nous devons partir pour le nord sous la pluie et le brouillard. Plus de 100 km de piste devenue difficile à cause de l'eau : beaucoup de boue, d'eau dans les rivière et des tourbières que l'on doit contourner.





Sous un ciel bas, nous arrivons à Tsagaannur ( le lac blanc), pays des tsatanes (peuple des rennes). Il s'agit de quelques maisons parsemées, près d'un lac à l'aspect un peu glauque en apparence. L'hôpital est modeste avec un grand bâtiment jaune et bleu et son annexe où nous sommes logés.
Subitement une personne très dynamique nous reçoit, c'est la médecin généraliste. Une fille du pays qui gère seule cette contrée du bout du monde. A bout de bras elle assume son métier de médecin dans cette zone connue pour être la plus froide de Mongolie. Il y a de longues périodes à - 50 C°.




Nord 51°21'16" et Est 99°21'12"


Maintenant nous sommes rodés, nous partons à la recherche d'un restaurant et nous trouvons un endroit très agréable. Une cabane, comme les autres, mais une fois la porte poussée, une pièce couverte d'écorce de mélèze avec deux tables et une douce odeur de nourriture. C'était le relais château du coin et pour des prix très raisonnables. Soit 1,5 euros le repas . Nous avons même mangé du fameux poisson blanc de sibérie du lac blanc.
La famille nous préparera tous nos repas. Le plus petit âgé de trois ans a appris à faire du vélo sans petites roues avec Etienne. Nous étions chez nous.






Demain consultations chez les Tsataanes, le peuple de la foret et des rennes.

Ulaan Uul 01/06/2011 Consultations

Le village se réveille lentement.
Déjà nous sommes dehors pour découvrir le lieu où nous étions tombés la veille : de longues rues herbeuses bordées de palissades pour protéger les cabanes de rondins, un petit enclos pour le troupeaux de chèvres et quelques matériels utilisés par les éleveurs.
Au détour d'une allée, nous apercevons une femme entrain de traire son yack . En s'approchant, elle nous invite à rentrer chez elle. Un peu de surprise devant cette hospitalité très spontanée d'autant plus que Erkegul étant restée à l'hôpital, ne pouvait nous aider pour la traduction. Pas de problème, le contact s'établit et très rapidement nous dégustons du yaourt. Un régal. Elle présente les photos de toute sa famille. Nous lui expliquons pour quoi nous sommes ici, et l'invitons à la consultation du jour.


Rentrés à l'hôpital, un thé au lait avalé. Nous préparons notre première vraie journée de travail. Le démarrage est lent alors nous partons faire du porte à porte, de yourte en yourte avec notre matériel sous le bras. Puis retour à l'hôpital, et tout commence.

Les cahiers sont organisés. La balance marche. L'équipe attend ses patients.
Mesures de poids, taille, périmètre abdominal, dosage de la glycémie capillaire et consultation.


Le rythme se prend. Quelques pathologies apparaissent : hypertension, douleurs articulaires multiples et les éternelles douleurs au coeur, au foie, et aux reins.
Notre groupe découvre une médecine très clinique et approximative. A l'hôpital, très peu d'examens paracliniques sont faits : pas de biologie, pas de radiographie, pas d'échographie. Normalement, il devait y avoir huit médecins, mais seulement cinq médecins existent actuellement. En réalité , un des médecin est malade et une autre médecin est partie pour cause de grossesse. Nous sommes dans un hôpital inter-sum qui reçoit des patients de 4 sum ( cantons)

Nous faisons 54 consultations. Nous découvrons les problèmes d'isolement de cette région de montagne . L'hypothétique possibilité de secours extérieurs et la pauvre en matériel localement. La mauvaise observance des traitements est fréquente.
Au repas du soir , nous tombons dans un foyer d'alcoolisation extrême. Beaucoup de jeunes tiennent difficilement debout en fin de journée. Et les ruchuur (beignets) sont particulièrement gras ce soir là.


La journée se terminera par une partie de freesby avec les jeunes du village devant l'hôpital.
Déjà beaucoup d'émotions et de découverte pour cette première journée d'immersion médicale .

De Murun à ULAAN Uul

Nous quittons la Quest House de BATA, après un petit déjeuner sympathique.
Nous partons vers le nord, pour nos observations médicales dans quatre sum ( canton). Immédiatement la piste s'engage dans des paysages grandioses à perte de vue. L'équipe prend ses marques. Et s'installe un rythme lent de somnolence, de lectures et d'observations.


Nous nous engageons entre des massifs de montagnes qui se resserrent progressivement. Nous montons à plus de 2000 mètres. Nous croisons peu de véhicules et beaucoup de troupeaux de chevaux , chèvres, moutons et beaucoup de yacks.


Nous nous arrêtons pour manger dans un petit restaurant. On nous prépare un plat traditionnel à notre demande : huuchur (beignets fris), tsuivan (pâtes et viande) et soupe de pâtes et viande. Comme boissons nous sommes au thé au lait.



Après une longue montée, nous passons juste à l'est d'une région protégée et très mystérieuse. Nous entrons dans le sum de Ulaan Uul (le canton de la Montagne Rouge). Il y a 5000 personnes qui vivent dans région de montagne.
Au fond de la vallée au bord de la rivière, nous découvrons notre premier village Ulaan Uul et notre premier hôpital à la campagne. Les maisons sont petites et presque toutes en rondins. Ici le bois est abondant.
Nous venons de faire 180 km en 6 heures. Notre chauffeur qui nous accompagne depuis U B connaît très bien cette région et les piste de montagne.



Nous découvrons l'absence d'eau courante et de douche. Après une installation dans deux chambres de l'hôpital qui avaient été réservées pour nous, nous partons à la recherche d'un restaurant et les difficultés commencent. Beaucoup de choses sont fermées et nous nous adaptons. L'ambiance d'une découverte constante dynamise notre petite équipe, qui est ravie.